On raconte que le bleu fut longtemps imperceptible à l’œil des Grecs anciens. Dans l’Iliade, Homère assimile les teintes de l’océan à la couleur du vin… Ce n’est qu’après avoir nommé le bleu qu’ils purent le distinguer, alors qu’il baignait depuis toujours leur horizon tout entier.
À propos du spectacle
De même : la plupart des hommes grandissent en intégrant à leur armure d’enfant les aptitudes et les vertus attendues « en tant qu’homme ». Depuis tout petit, la masculinité est la seule partition qu’on leur donne à jouer : ses codes, ses règles, ses injonctions — qu’ils jouent, sans jamais se demander d’où vient le scénario.
Aujourd’hui, des milliers de femmes & leurs allié·es luttent pour renverser le pouvoir du patriarcat.
Et l’on ne peut plus occulter la violence de ce modèle qui marque nos vies sociales, politiques & intimes. Pourtant, beaucoup d’hommes peinent encore à en percevoir la couleur, et continuent de jouer la partition de la virilité, de la force, de la rivalité, de la violence…— se privant ainsi de vivre et d’aimer autrement.
Si certains hommes se sentent confortés par ce modèle, d’autres ne s’y reconnaissent pas et s’y étouffent. Il faudra donc qu’ une nouvelle constellation de récits et de forces collectives émerge, afin que les hommes s’émancipent et cessent d’être, à leurs dépens, les chiens de garde de ce modèle aux logiques prédatrices.
Comme une invitation lancée à quiconque souhaiterait s’échapper du scénario, TENDRE FEU - boys don’ t cry emprunte au music-hall ses fastes, aux tréteaux leur épure. Dans une théâtralité live et musicale, sept jeunes acteur·ices s’emparent du plateau pour désensorceler le spectre des oppressions masculines. Tantôt c’est un numéro de claquettes qui surgit, se tord puis se transforme en une performance physique pour marteler le verbe. Tantôt c’est un choeur où le music-hall se mue en une lente procession, synchronisée, grave et profane…
À travers ce rituel charnel, vif et fragile, iels racontent une histoire de réparation, en faisant du théâtre un lieu où nos expériences se redressent, se reconfigurent ; où les figures du pouvoir s’affrontent, se détournent, parfois se laissent habiter — comme autant de masques carnavalesques que l’on expose pour mieux les désarmer.
S’il est politique, le spectacle s’ancre dans un amour du jeu qui se veut ni militant ni exclusif. En assumant d’emprunter, par certains aspects, les codes du cabaret, le spectacle affirme un propos radical et contemporain, tout en s’inscrivant dans un imaginaire théâtral festif et accessible. Vif, et brûlant.
Galerie photos
Fred Verheyden
Distribution
Mise en scène : Romain David
Jeu : Auguste Bercker, Théo Bisinella, Envel-Oan Bodinier, Selma Goueygou Ganantchian, Valentin Martin, Ségolène Neyroud, Giulia Rzewski
Direction musicale : Ségolène Neyroud
Dramaturgie : Leïla Chaarani
Danse & corporéité : Marco Labellarte
Ecriture : collective
Assistance à la mise en scène : Olivia Harkay
Musique live : Ségolène Neyroud (piano), Théo Bisinella (accordéon), Selma Goueygou Ganantchian (flûte)
Régie générale, Création lumière : Stéphan Hennaut en alternance avec David Rivadossi
Régie son : Célia Naver
Renfort scénographie-costumes : Sophie Warnant
Production, administration, diffusion : Wirikuta - Laetitia Noldé et Raphaëlle Bracq
Coproduction : Théâtre des Martyrs, La Coop asbl et Shelter Prod
Avec le soutien de : Théâtre Joliette (Marseille) - Scène conventionnée art et création, Théâtre de Liège, Maison Culturelle d’Ath, Centre Culturel d’Uccle, Théâtre & Publics, Shanti-Shanti asbl, Ferme Miss Terre, MCFA, Arsenic2, Théâtre National Wallonie-Bruxelles, COCOF, Wallonie-Bruxelles International, La Fédération Wallonie-Bruxelles - direction du théâtre, du taxshelter.be, ING et du tax shelter du gouvernement fédéral belge
Remerciements : Louise Balalas Pitous, Gabriel De Halleux, Zoé Fosseur, Victor Abraham Lacô, Esact, Raoul
Informations
Durée
1h30
Public
à partir de 15 ans
Artiste
Romain David
Prochaines dates
Du 7 au 9 octobre 2026
20:00
📍 Théâtre Joliette , Marseille